Craintes et espoir dans un camp de Port-au-Prince en cours de fermeture

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Author: AFP
posted on: Sat, 15 Jan 2011


PORT-AU-PRINCE, 15 jan 2011 (AFP) -
Les autorités haïtiennes ont suscité un
mélange d’espoir, de craintes et de confusion en annonçant à des centaines de
familles la fermeture de leur camp de sinistrés à Port-au-Prince. “C’est un
nouveau départ”, dit un homme. “Où va-t-on dormir ce soir?”, s’émeut une femme.

Depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, des centaines d’Haïtiens
dorment à même le sol sur la place Saint-Pierre, à Pétion-ville, dans la
banlieue de la capitale. Au fil du temps, les bâches et les bouts de ficelle
ont été agrémentés de planches ou de toits en tôle.

Vendredi, des responsables de la municipalité de Pétion-ville ont donné
quelques heures aux familles pour quitter la place en leur promettant
l’équivalent en gourdes (la monnaie haïtienne) de 500 dollars par ménage pour
se reloger ailleurs. Mais, en fin de journée, les responsables se faisaient
toujours attendre.

“Ce matin, ils nous ont demandé de démonter nos tentes”, a déclaré Jelene
Dorest, 35 ans, une mère de huit enfants. “Ils nous ont promis de l’argent, on
attend toujours”, dit-elle. Et même si l’argent arrive, Jelene ne sait pas ce
qu’elle va en faire: “on ne sait pas où on va dormir ce soir”.

L’initiative des autorités municipales vise à réduire le nombre des
Haïtiens vivant dans les camps de sinistrés où ils font face à des risques
d’épidémie,  d’inondations ou de délinquance.

Selon l’ONU, 810.000 personnes vivent actuellement dans des camps de
fortune, contre 1,5 million il y a six mois.

Jacques-Edouard Thelusma, 34 ans, confie que c’est son “rêve” de s’échapper
de la place St. Pierre. Mais la manière dont tout cela se déroule l’inquiète
beaucoup. “Ils nous font miroiter de l’argent mais on ne sait pas où on va
aller”, explique-t-il.

Le trentenaire dit qu’il arrive à trouver suffisamment de petits boulots
pour donner à manger aux neuf membres de sa famille. Néanmoins il ne voit pas
très bien où les 500 dollars promis vont l’amener. “Vous pouvez difficilement
louer une maison avec une chambre avec une telle somme”, s’émeut-il.

En fin de journée vendredi, la plupart des habitats précaires étaient
encore debout comme si les autorités souhaitaient fermer le campement section
par section. Dans la partie débarrassée de ses tentes, le sol était jonché de
bouteilles vides, de vêtements en lambeaux et de détritus.

La fumée émanant des feux de poubelles flottait dans l’air alors que les
familles attendaient d’être payées.

Une femme, Denese Denejou, se montrait optimiste face au changement forcé.
“Je suis contente que tout ça arrive. Quand on aura l’argent nous allons
partir et nous en servir pour monter une affaire. Je vendrai des cosmétiques
et d’autres choses”, dit la mère de famille de 49 ans.

“J’ai trois enfants et je veux les sortir de là. Ici c’est horrible. Pour
nous cela va être un nouveau départ”.

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