16 organisations canadiennes demandent M. Martelly, un procès contre Duvalier

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MONTRÉAL, Canada – Une collaboration d’organisations haïtiennes et canadiennes ont demandé au gouvernement haïtien pour amener l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier à un procès. Dans une lettre au Président Michel Martelly, Michel Frenette, représentant d’Amnesty International Canada en la Concertation Pour Haïti (CPH) affirme, au nom de la consultation que la tenue d’un procès ferait justice aux milliers de victimes du duvaliérisme. Ce serait donc de rétablir la confiance du peuple haïtien dans un système judiciaire efficace.

Selon la Concertation Pour Haïti: «Il est maintenant impératif que le gouvernement haïtien confirme publiquement son engagement à la non-ingérence dans le travail de la magistrature afin qu’ils conduisent à la fin de l’enquête approfondie et impartiale sur les graves violations commises sous l’Duvalier régime. C’est une occasion unique dans l’histoire d’Haïti pour enfin mettre fin au cycle sans fin de l’impunité qui a toujours prévalu et permettre ainsi la reconstruction de la mémoire collective en préservant la dignité du peuple haïtien tout en l’histoire du monde. a montré qu’il peut y avoir aucune une véritable réconciliation nationale ou un accord digne de ce nom qui passe par le chemin de la vérité, justice et réparation. ”

Fondée en 1994, la Concertation Pour Haïti est un groupe d’organisations canadiennes impliquées dans le mouvement de solidarité avec le peuple haïtien sur la voie à un non-violent, plus juste et plus démocratique.

Lettre au Président Michel Martelly :

« Montréal, le 24 novembre 2011

Monsieur le Président de la République,

Fondée en 1994, la Concertation pour Haïti est un regroupement d’organisations québécoises et canadiennes qui participent au mouvement de solidarité avec le peuple haïtien en marche vers une société non-violente, plus juste et démocratique.

La Concertation pour Haïti s’adresse aujourd’hui à vous pour que le pouvoir Exécutif garantisse aux autorités judiciaires l’indépendance, les moyens matériels et financiers et la sécurité indispensables pour que soit déféré à la justice l’ex-président Jean-Claude Duvalier, afin que ce dernier fasse l’objet d’un procès juste et équitable.

Déjà, les plaintes déposées ont été jugées recevables et le juge d’instruction a transmis le dossier au Commissaire du gouvernement. Il est maintenant impératif que le gouvernement haïtien confirme publiquement sa volonté de non-interférence dans le travail des autorités judiciaires afin qu’elles mènent à terme des enquêtes approfondies et impartiales sur les graves violations commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier. Non seulement parce que c’est son « devoir », comme l’a rappelé la Commission interaméricaine des droits de l’homme (Déclaration du 17 mai 2011). Mais aussi parce que c’est une occasion unique dans l’histoire d’Haïti pour enfin mettre un terme au cycle incessant de l’impunité qui a toujours prévalu. Pour vous, Monsieur le Président, qui aviez fait du rétablissement d’un État de droit un axe majeur de votre campagne électorale, c’est là une opportunité historique à ne pas manquer.

Tenir un procès juste et équitable, ce serait rendre justice aux milliers de victimes du duvaliérisme et restaurer la confiance des Haïtiens dans un système de justice renforcé. À l’inverse, mettre fin au processus confirmerait l’idée selon laquelle il n’y a pas de justice en Haïti, même pour les pires crimes.

Tenir un procès juste et équitable, ce serait également travailler à la « reconstruction de la mémoire collective et de la dignité du peuple haïtien tout entier » comme a tenté de le rappeler Amnistie internationale lors de la présentation de son rapport « On ne peut tuer la vérité », interrompue par les partisans de Jean-Claude Duvalier, le 22 septembre dernier.

Nous sommes conscients qu’aller de l’avant est une décision difficile à prendre et que bien des motifs, quelquefois d’apparence noble, pourront être évoqués pour s’y soustraire. Mais il n’y a pas d’échappatoire possible puisque l’histoire a montré qu’il ne peut y avoir ni réconciliation véritable, ni entente nationale digne de ce nom qui ne passe par la voie de la vérité, de la justice et de la réparation.

Nous sommes conscients également que mener à terme un procès juste et équitable à l’encontre de Jean-Claude Duvalier et d’autres agents de l’État placés sous ses ordres représente un immense défi pour le système judiciaire haïtien. Mais nous sommes convaincus qu’il peut être relevé avec le soutien technique de la communauté internationale. Si les autorités haïtiennes adressent une requête en ce sens au gouvernement et à la société civile du Canada, la Concertation pour Haïti fera pression pour qu’une réponse adéquate y soit apportée.

En Haïti, le Collectif contre l’impunité fait valoir que « l’impunité ne peut être le destin d’Haïti ». Donnez-leur raison, monsieur le Président, en profitant de ce rendez-vous exceptionnel de votre pays avec l’Histoire.

Soyez assuré de toute la considération des organismes signataires,

Michel Frenette Pour la Concertation pour Haïti

Organismes signataires : 

  • Alternatives
  • Amnistie internationale Canada francophone
  • Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI)
  • Centre Justice et Foi
  • Centre international de solidarité ouvrière
  • Coalition pour la protection de l’environnement et le développement durable en Haïti (COPEDH)
  • Comité de solidarité/Trois-Rivières
  • Développement et Paix
  • Droits et Démocratie
  • Église Unie du Canada
  • Équitas
  • Handicap International
  • L’Entraide missionnaire
  • Regroupement des organismes canado-haïtiens pour le développement (ROCAHD)
  • Solidarité, Union, Coopération (SUCO)
  • YMCA du Québec

CC. Son Excellence monsieur Garry Conille Premier Ministre »

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